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Quand la république proclame qu’elle n’a pas besoin du voile islamique pour soumettre la femme

par Béatrice STELLA

A entendre les déclarations des uns et des autres, on pourrait croire que la paix civile est la fille de la laïcité. Que chacun professe sa foi, du moment qu’il le fasse dans le secret de son foyer…

Le problème, c’est que le voile islamique est le signe peu discret de la place que certains hommes assignent à la femme, sous couvert de dogme religieux : la femme est un être qui porte en soi la tentation de la chair et  qu’on voile pour être sûr de ne pas lui sauter dessus comme une bête sauvage à laquelle on ne voudrait pas être assimilé. La femme, cette pauvre créature, elle, ne peut s’empêcher d’aguicher tous les hommes par le seul fait qu’elle existe. Elle est incapable de maîtriser cela ! Et ce n’est pas la frénésie avec laquelle les jeunes filles d’aujourd’hui exposent à la vue de tous leur nombril, jusque dans les supermarchés, qui va les contredire…

En résumé, l’homme pour se maîtriser voile la femme, qui, elle, ne sait pas se maîtriser. Elle pourrait imaginer de voiler l’homme si elle n’était pas si bête… ce serait drôle… sauf que les hommes savent bien que ce n’est pas le physique de l’homme qui attirent les femmes, c’est la fascination qu’elles ressentent pour sa flamboyante intelligence (il n’y a qu’à voir la monotonie de l’uniforme vestimentaire qu’ils arborent tous… enfin presque tous, car dans les magazines on voit parfois des hommes qui pensent que miser sur son apparence veut dire se déguiser quasiment en femme).

Les féministes l’ont bien compris : il s’agit en réalité de définir qui est le maître de l’autre. Et elles ont décidé qu’à partir de maintenant, ce serait les femmes, pour changer.

 

Toutes ces élucubrations sont là pour nous égarer et nous ressentons tous ce qu’il y a de vain et d’antiproductif  dans ces discussions sans fin basées sur la jalousie, la petitesse, la convoitise.

 

Le réel problème, très concret, c’est que les femmes sont des êtres différents des hommes, point. Elles portent les bébés dans leur ventre et ont de la poitrine pour les nourrir. Mais pour le reste, elles sont comme les autres : elles réfléchissent, elles travaillent.

 

Pourtant l’organisation de nos républiques si bien-pensantes leur refuse cette reconnaissance. Elles n’ont pas besoin de voile islamique pour imposer la soumission de la femme : elles votent des lois iniques contre elles et se servent des arguments féministes pour dire qu’elle ne fait pas de différence entre les hommes et les femmes.

 

Ces lois, elles sont aussi parfaites pour les hommes que pour les femmes, à condition que les femmes aient la même vie que les hommes, c’est-à-dire ne portent pas d’enfants et ne les nourrissent pas. L’égalité de dignité que réclament les femmes passent par la nécessaire renonciation à ce qui fait leur différence.

 

Pour les autres, ce sera le voile républicain :

- si tu t’occupes des enfants comme mère à plein temps, tu travailleras gratis et tu  n’auras pas de retraite, même pas celle que tes enfants vont verser aux autres.

- si tu t’occupes des enfants comme mère à temps partiel, ta retraite ne sera même pas prorata temporis, mais elle sera amputée encore d’un bon morceau pour te punir.[1]

 

Travailler gratis, ça s’appelle de l’esclavage et les femmes baignent dans cette réalité depuis si longtemps qu’elles n’osent même pas se rebeller. Toutes les serpillères passées, toutes les tables mises, tous les ravitaillements, toutes les prescriptions médicales surveillées, toutes les réunions de parents d’élèves, tous les coups d’éponge, tous les coups d’aspirateurs, tous les devoirs surveillés, tout ça se fait toujours gratis. Ce n’est pas du travail pour la république. Ce sont des distractions alors ?

 

Légiférer contre le voile islamique, pourquoi pas ? mais commençons par légiférer contre le voile républicain !

 

[1] Ce système (la décote), le gouvernement, pour plus « d’équité », veut l’étendre aux mères fonctionnaires.