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PACS : l'union libre en charentaises

par Hervé Patrick STELLA, secrétaire-adjoint de l'Union des Familles

article paru dans Libération du  21 octobre 1998

" L'union libre, c'était la vie de bohème...

 

... par comparaison, les bigoudis et les charentaises, la promenade dominicale et le livret d'épargne, le devoir conjugal en chemise de nuit empesée, c'était bourgeois à en mourir. Le chien de la fable, avec son collier. "Menton rasé, ventre rond-notaire", comme disait Brassens.

Mais voilà, combien des acteurs de Mai 68 sont-ils restés "chevelus, poètes" ? La plupart d'entre eux se sont rangés. Rangé, ça signifie pas arrangé. Ce sont les habitudes, le confort, le désir d'avoir sa soupe à l'heure et son salaire à la fin du mois, son assurance maladie et ses droits sociaux, son logement à soi et sa retraite garantie.

C'est traître, la vie, pour les idéaux libertaires. Ca vous attend au coin de l'immeuble comme un voleur au coin d'un bois, avec tous ces petits problèmes idiots qui vous braquent mieux qu'un revolver. Et l'amour fou, l'amour libre, ne résiste pas à l'envie d'aller le (la) rejoindre à Mont-de-Marsan ou à Dunkerque sans démissionner du corps des attachés de préfecture. Le risque, pour les bourgeois, c'est comme l'alcool : à consommer avec modération.

Le PACS est un souvenir d'ancien combattant. Les anciens combattants de l'amour libre, perclus de rhumatismes, revêtus de leur Damart. Les a-t-on vu, ces petits vieux, revivre dans la quiétude du bistrot la mitraille et la boue, la faim, la peur et la gloire ! L'idée sans la réalité, c'est un must ! C'est ça, le PACS : la nostalgie de l'amour libre pour petits-bourgeois soucieux de leur confort. Pas un bouton de guêtre ne doit manquer à leurs droits sociaux : c'est l'adjudant flic qui s'imagine sur le plateau du Vercors. Le con se croit génial, le prosaïque est dit poétique, la routine est prise pour une aventure. Touchant !

Et puis voici l'ancien légionnaire. Ca fait trente ans qu'il ne sent plus le sable chaud, mais il a de beaux restes. De l'époque où être homo, ça décoiffait. Aujourd'hui, ma femme s'appelle Maurice et elle me fait le boeuf-mode comme si elle sortait du couvent des Oiseaux. Alors il lui faut la télévision, la réversion et le quotient familial. Elle gueule "pauvre France" si elle ne peut pas avoir son petit Coréen. Et elle passerait bien devant monsieur le maire. Avec le curé, le pasteur, le mufti ou le rabbin en prime. Plus bourgeois, tu meurs.

Valsez, chers retraités. C'est le bal musette de vos trois fois 20 ans. Avec rampe d'accès pour fauteuils roulants. Les infirmières sont de garde, les seringues remplies. On a même prévu le Viagra. Vos assurances obsèques sont dûment paraphées. Tout est en règle. Tout est en ordre. L'ordre moral. Les bien-pensants sont là pour applaudir à vos ébats protégés. Votre partenaire n'est peut-être plus très excitant(e), mais question finances, grâce au PACS, c'est le pied.

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