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           Le livre noir de la prostitution

Elizabeth Coquart et Philippe Huet, éd Albin Michel, 2000, 302 p, 98 F

 lu par Jacques Bichot

 

La Fondation Scelles lutte contre toutes les formes de l'exploitation sexuelle à des fins commerciales. Elle assure le fonctionnement du CRIDES, Centre de Recherches Internationales et de Documentation sur l'Exploitation Sexuelle. Elle dispose d'un site web : www.fondationscelles.org. Elle a organisé le 16 mai 2000 un colloque "Peuple de l'abîme, la prostitution - aujourd'hui", avec diverses associations partenaires telle que l'ACPE, qui lutte contre la prostitution enfantine, les Equipes d'Action contre le Proxénétisme, le Nid. Son comité de parrainage comporte des personnalités de toutes tendances, de Sylviane Agacinski (Mme Jospin) à Marie-Claire Pauwels (directrice de Madame Figaro).

Le livre noir de la prostitution est l'œuvre de cette fondation Scelles. Il met à mal le mythe d'une prostitution voulue, choisie par celles et ceux qui s'y livrent. Les proxénètes des pays de l'Est, notamment, maintiennent leurs "gagneuses" dans un état proche de l'esclavage. Attirées par l'espoir de mener en Occident une vie moins misérable que dans leur Russie, leur Ukraine ou leur Roumanie natale, elles sont privées de passeport, frappées, humiliées, passées de pays en pays, achetées et vendues comme du bétail.

La drogue est souvent le moyen de parvenir à se comporter comme le client et le proxénète le veulent, malgré le dégoût qu'elles (ils) en ont. On commence par se droguer pour "travailler", puis vient la dépendance, et alors on travaille pour acheter les doses, de plus en plus nombreuses, devenues nécessaires pour ne pas être en manque. La drogue est, avant les rapports sexuels non protégés, la première cause de contamination des prostitué(e)s par le SIDA.

Et la pornographie ? Elle "utilise les mêmes ressorts que la prostitution, l'une créant l'envie que l'autre se propose d'assouvir. Le pornographe donne à voir ce que le proxénète offre concrètement. Il excite chez son client des fantasmes sexuels que celui-ci cherchera à réaliser avec une partenaire docile. Or, quelle partenaire est plus docile qu'une prosti-tuée ?". Quant à la thèse selon laquelle la pornographie n'aurait pas de pouvoir incitatif (au recours à des prostituées, au viol, à la pédophilie), le livre cite Guy Hénaut (L'école du viol : porno-addiction et crimes sexuels, Exergue, 1997) : "Si un publiciste met en scène des images d'une voiture, ce n'est certainement pas pour procurer aux spectateurs un exutoire à leur fantasme de voiture et les dispenser ainsi d'en acheter une, mais bien au contraire pour exacerber ce fantasme et inciter le spectateur à "passer à l'acte"."

Un livre qui mérite d'être lu.

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