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La pornographie tue  

bullet LA PORNOGRAPHIE; UN DÉFOULOIR ? 

La théorie de la catharsis pornographique a été inventée dans les années 60 aux USA par la Commission Sénatoriale sur l’obscénité et la pornographie (not. Seymour FESCHBACH). Selon cette théorie, le fait de regarder des images porno "défoulerait" le spectateur qui n'aurait plus besoin de passer à l'acte.

MEDVED dans son livre Hollywood versus America répondit « Hypocrisie ! Comment des gens qui investissent des sommes considérables et beaucoup de talent dans des spots publicitaires de 30 à 60 secondes, persuadés, à juste titre de leur impact sur les masses, peuvent-ils affirmer n’avoir aucun influence sur ce même public avec un film de 120 minutes ? »

 Seymour FESCHBACH lui même renonça à sa théorie en 1967.

bullet LES LIENS ENTRE PORNOGRAPHIE ET CRIMES SEXUELS

Une étude australienne sur l'effet du porno sur les adolescents


Une majorité d'adolescents australiens ont visité des sites pornographiques sur l'internet, un contact qui peut avoir une mauvaise influence sur leur sexualité, selon une étude publiée en mars 2003.

Le sondage Newspoll réalisé en 2002 sur 200 jeunes garçons et filles de Sydney et Melbourne âgés de 16 et 17 ans montre que 84% des garçons et 60% des filles ont eu accès à des sites pornographiques sur le net. 73% des garçons et 11% des filles ont regardé des films classés X.

Près de 40% des adolescents, mais seulement 2% des adolescentes, ont cherché volontairement à regarder des sites à contenu sexuel explicite et 5% des garçons disent y recourir toutes les semaines.

L'Australia Institute, qui a commandé l'étude, note que les internautes ont été en contact avec des sites montrant des scènes de viol, torture sexuelle, bestialité ou inceste.

L'institut de recherche estime que "toute une série d'études a montré que les jeunes hommes qui ont recours à la pornographie violente sont plus enclins à des comportements d'aggression sexuelle".

L'auteur de l'étude, Michael Flood, de la Australian National University, reconnait que la vision de sites pornographiques et parfois violents sur l'internet peut troubler des adolescents et les convaincre qu'il est permis de forcer des femmes à des rapports sexuels ou avoir une approche violente de la sexualité.
(source AFP)
 

RAPPORT  MEESE  sur la PORNOGRAHIE :

Le rapport  MEESE aux USA ( 1986 ) a été commandé par le Gouvernement américain et publié par le Département Fédéral de la Justices des Etats Unis.

Il conclu que les états où la pornographie est le plus tolérée sont les états où l’on compte le plus grand nombre de viols.

77 % des pédophiles ayant molesté des petits garçons et 87 % de ceux qui ont molesté des petites filles ont avoué le rôle prédominant de la littérature porno dans leurs pensées et leurs comportements.

Dans 40 % des crimes sexuels, le criminel a avoué avoir utilisé du matériel porno juste avant de passer à l’acte.

Aux USA, entre 1960 et 1986, les viols ont été multipliés par 5 au moment où la pornographie connaissait un développement sans précédent.

le rapport du Parlement Européen de 1994

Il faisait deux constations :

1° La consommation massive de pornographie non violente influence les comportements et banalise le viol, considéré comme moins grave.

2° La pornographie est une forme de violence sexuelle à l’égard des femmes.

STATISTIQUES CRIMINELLES :

 Viols accomplis par des ados : 1993 = 102 ; 1996 = 198. Part des mineurs dans le total des crimes et délits : 1972 = 9,4 % ; 1996 =  17,8 %. Ce sont les infractions violentes qui sont en augmentation.

En 1993, 5 % des femmes françaises déclaraient avoir été victimes d’un rapport sexuel contraint.

La violence sexuelle envers les mineurs est en pleine augmentation en France : elle a augmenté de 25 % en 5 ans passant de 10700 faits constatés en 1995 à 13 500 en 1999. Les mineurs eux même sont pour 29 % impliqués dans ces agressions (soit une augmentation de 37 % car en 1995, ils n'étaient impliqués que dans 21 % des cas). Dans la mesure où de nombreuses agressions se font en bande, l'élucidation de ces crimes est en baisse. (sources : Ministère de la Justice France  2000)

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   Ils donnent leur avis

 

Michela Marzano philosophe au CNRS, spécialiste d'éthique appliquée. (Penser le corps (PUF, 2002),

La consommation de porno fabrique-t-elle des ados différents de ceux des autres générations ?

Les adolescents initiés à l'âge, ou avant l'âge de la puberté, n'ont plus la possibilité de découvrir le sexe et ses mystères en même temps qu'ils construisent leurs premières histoires. Au lieu de découvrir l'autre par l'intimité du corps et la fragilité des émotions, ils s'intéressent à ce que les autres font, comment «il faut faire» afin d'être toujours à la hauteur de la situation et de la performance, une performance qui réduit l'amour au sexe, et le sexe à la sensation.

Peut-on savoir quel impact la consommation pornographique a sur l'imaginaire d'enfants ou d'adolescents ?

La question centrale est le découplage entre sexualité et désir. A la base de la sexualité, il y a le désir qui, par structure et par vécu, est lié au manque. Pour que le désir perdure, il faut que l'objet de ce désir soit un «objet-sujet», une personne qui ne puisse pas être totalement consommée comme il arrive aux objets-choses. Ce qui est à l'oeuvre dans le porno est une réification (transformation en chose) de l'objet du désir qui a comme conséquence non seulement l'épuisement total du désir sexuel, mais aussi l'effacement de l'autre comme sujet-partenaire. Le porno est devenu organique et gynécologique. Il n'y a plus de manque, le désir est ravalé à de l'appétit. C'est l'idéologie de la transparence qui domine aujourd'hui : tout dire, tout montrer. Plus de mystère, plus d'interdit, plus d'obstacles. C'est ainsi que, sous les projecteurs, le désir devient opaque. Alors, afin de susciter l'excitation (et non pas le désir), il a fallu trouver autre chose, une excitation supplémentaire. C'est la violence : une transgression par substitution. Pour rester porno, le X doit aller vers la violence et le crade. Je ne vois pas comment cela n'aurait pas de conséquences sur la sexualité des gens.

Ce modèle va-t-il transformer les relations entre garçons et filles ?

Il y a un discours pornographique dominant qui, en dévaluant le désir, dévalue l'acte sexuel. Dans son livre, Catherine Millet, par exemple, dit que le désir n'a rien à voir avec sa vie sexuelle. Elle écrit qu'elle prend plus de plaisir seule que lors de rapports avec des partenaires. Catherine Breillat, quant à elle, répète dans tous les médias que les hom mes n'ont plus de désir. Elle utilise son écriture et ses films pour «sodomiser», dit-elle, le lecteur et le spectateur. Elle s'identifie par haine aux macs. Dans les pornos, d'une certaine façon, on ne retrouve rien d'autre qu'une mise en place renforcée de ce dispositif. Les garçons sont présentés comme toujours prêts à l'acte, poussés par un instinct irrépressible. Les filles, comme toujours disponibles, poussées par l'indifférence à l'usage que l'on fait de leur corps. C'est ainsi que s'installe une nouvelle normativité qui oblige presque à des actes sexuels sans désir. C'est un modèle très violent, qui annule ou stigmatise tout le mystère et la singularité d'une relation. On critique beaucoup les discours moralisateurs mais le discours pornographique, tout en se présentant comme libérateur, est encore plus contraignant : celui qui ne s'y conforme pas devient quelqu'un supposé incapable d'assumer sa virilité ou sa féminité. Comment les adolescents, pris dans les affres de l'émergence des sentiments amoureux, perçoivent-ils ce message ? En résumé, l'impératif des films pornos, c'est «j'encule la fille et je lui jute à la gueule». Le garçon qui éprouve des sentiments et a plutôt envie de se montrer délicat va se sentir hors norme. L'autre problème, c'est que la parole des filles n'a plus aucun sens, elles ne sont pas sujets de parole, elles font non de la tête mais, dans le fond, elles ont envie.

Jean-Pierre Bouchard, psychologue et criminologue à l'unité pour malades difficiles de Cadillac (Gironde), affirme : «Il devient très difficile de ne pas mettre en relation le succès du gang-bang et l'augmentation de "gang rapes", les viols collectifs commis par des bandes de jeunes adolescents». Etes-vous d'accord ?

Seul un clinicien peut le dire. Cependant, la pornographie étant censée recréer la réalité et, de fait, impose une norme, beaucoup de jeunes consommateurs vont se forger une image du monde et des relations tels qu'ils sont exposés dans ces films. Quand ils découvrent le monde, certains vont être déçus et choisir de vivre une sexualité virtuelle. Certains, en revanche, vont accepter le «défi» de la réalité. D'autres, enfin, n'acceptent pas les obstacles du réel et réagissent avec le mode de fonctionnement qu'ils ont appris, en s'imposant aux autres. Dans le porno, il n'y a pas de reconnaissance de l'autre comme pouvant avoir des désirs différents. La violence sexuelle, c'est nier que l'autre est un sujet à part entière, différent de soi.

Y a-t-il une réponse ?

On a dit que Baise-moi (film de Virginie Despentes et Coralie Trin Thi, ndlr) était une réponse à la pornographie masculine. Cela voudrait dire que la réponse serait de passer de la position de victime à celle de bourreau. Les hommes y sont présentés comme des abrutis que l'on tue. «Il a pris mon trou, pas mon âme», dit un personnage. Lorsque je fais des exposés dans les facs, j'ai du mal à faire entendre un autre discours. Les étudiants me disent : «Vous portez un jugement moral.» C'est très compliqué de montrer que le porno vide de l'intérieur la sexualité, la vide de ce qu'elle a de riche. C'est compliqué d'expliquer que ce qui donne sens à la vie, c'est le désir.

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   ILS TEMOIGNENT

Voici ce que déclarait un magistrat du Parquet de London lors de l’arrestation d’un homme qui avait enlevé et violé une fillette : « Dans ce genre d’affaire, on fait toujours la même constatation : les coupables collectionnent les revues pornographiques ainsi que les films pornos du commerce ou enregistrées sur Canal +. En outre, ils sont tous adeptes frénétiques du Minitel Rose ».

 Ted BUNDY, condamné à mort aux USA pour le viol et le meurtre de 28 jeunes femmes, ce jeune homme d'allure avenante, diplômé de droit, qui dit avoir grandi dans un milieu familial "merveilleux" avec "deux parents attentifs et aimants" déclarait la veille de son exécution : "Cela est arrivé par étapes, graduellement. D'abord, je suis devenu un fervent de la pornographie, qui m'a mis sur une pente glissante ; je voulais voir de images toujours plus violentes, plus descriptives. Comme une drogue, vous conservez une excitation insatiable jusqu'au point où la pornographie ne peut plus vous satisfaire. Vous atteignez un point où vous vous demandez si passer à l'acte vous apportera plus que seulement de le lire ou de le regarder."

bullet LA PORNOGRAPHIE ET L’ARGENT :

La vidéo porno fait 40 % du marché de la vidéo en France. Le chiffre d’affaire de la prostitution est de 22 milliards. Celui du porno de 4 MdF.

La pornographie infantile représente 1 % de l’ensemble du marché.

La pornographie sur Internet représente 6 milliards de dollars dans le monde. 40 000 sites lui sont consacrés.

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L'ALIBI DE LA CREATION ARTISTIQUE 

« Les gestes explicites de l’amour physique deviennent des gestes de cinéma qui ne sont plus relégués dans le gettho du genre pornographique » (Le Monde du 7 juin 2000)

Le même journal, 10 pages avant, titrait « le succès inquiétant d’un numéro vert pour les jeunes victimes de violences scolaires » et annonçait que ce n° avait reçu 800 appels pour des violences sexuelles à l’école dont 300 viols..

bullet LA PORNOGRAPHIE AVILIE LA FEMME :

 En 1992, Béatrice DALLE confie : « Moi, je suis très pudique et tourner à poil, j’en ai chialé. C’était l’horreur. J’en ai même vomi. Je crois que je ne recommencerai jamais ».

Fiona GELIN déclarait à propos de son tournage dans le film SIROCCO: « En fait, il y avait des scènes de nu que l’on m’avait cachées et que j’ai dû jouer. J’ai craqué : j’avais honte de moi. Cela m’a valu une dépression et un mois d’hôpital psychiatrique. »

Valérie KAPRISKY raconte : « Pendant 2 ans, j’ai arrêté de tourner comme pour me purifier. Je pensais au rachat de mon âme, aux enfants que j’aurai un jour. Je ne voulais pas qu’ils aient honte de leur mère ».

Raphaëlla ANDERSON, actrice de « Baise Moi » raconte que le tournage de la scène de viol ; qui commence le film a été insoutenable : « j’ai pleuré avant, j’ai pleuré après. Je l’ai vraiment vécue comme un vrai viol. Je n’ai pas réussi dans ma tête à me convaincre que c’était du cinéma »

Karen BACH, actrice de « Baise Moi » déclare : « Je considère que, pour une femme, le porno s’apparente à du viol. Oui, à du viol ! » et elle ajoute : « Je suis entrée dans le porno par nécessité ».

bullet PORNOGRAPHIE ET EDUCATION DES JEUNES

Ce sont les jeunes qui sont les premières victimes de la "culture" pornographique actuelle, qui, bien souvent fait leur éducation sexuelle : "On sait, écrit le docteur CORDIER, "que que le souvenir des premiers émois est particulièrement prégnant. Tout se passe comme si les premières expériences avec orgasme s'imprimaient sur une zone vierge du cerveau. L'influence de la pornographie, qui suscite chez de nombreux adolescents les premiers orgasmes masturbatoires est donc indiscutable. Elle imprime le style pervers dans la mémoire qui influence la sexualité ultérieure".

bullet LE SYMPTÔME D'UNE SOCIÉTÉ DÉPRESSIVE

L’abolition de tout interdit, c’est la société dépressive : rien n’est plus désirable puisque tout est permis.

La pornographie, c’est la disparition de l’idéal. Le sexe pur, 100 % permis, est sans saveur. Pour se sentir rassasié, on a besoin d'aller toujours plus loin dans la débauche.

Le sentiment amoureux est complexe. Par nature, il est éternellement insatisfait. Le porno n'est bien souvent qu'une façon vaine de chercher cette impossible satisfaction. Loin d'y parvenir, il rend le spectateur malheureux. Aujourd'hui, les sexologues ne voient plus de couples frustrés mais des couples « libérés » qui consultent car ils ont perdu tout désir. Cf.  le livre de HOUELLEBECK : "les particules élémentaires" .

bullet LE MOT DE LA FIN !

Il est de Karen BACH, actrice de « Baise Moi » (in le Nouvel Observateur n° 22/28 juin 2000)

« Je trouve très regrettable que les films pornos soient désormais accessibles à tout le monde, que les enfant puissent les voir à la télé, les acheter en kiosques ou y accéder sur internet et qu’on leur fasse croire que l’amour, c’est forcément un super mec qui tronche une fille soumise, laquelle en prend plein la gueule ».

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