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USA :

le retour des femmes au foyer ? 

 

Un des plus grands bouleversements du marché du travail des pays développés a été la participation croissante des femmes,qui s’est envolée à partir des années 1970 et 1980.

Mais depuis quelques années, leur taux d’activité stagne aux États-Unis autour de 60 %.

Le BLS (Bureau of Labor Statistics) américain s’est étonné de constater que la participation au marché du travail des mères ayant un enfant de moins d’un an était passée de 59 % en 1997 à 53 % en 2002, et a noté que cette différence concernait essentiellement des femmes blanches, de plus de 30 ans et très qualifiées.

 

Aujourd’hui, 22 % des diplômées de l’enseignement supérieur seraient mères au foyer, alors que ce sont les personnes les plus susceptibles d’avoir une carrière valorisante. Selon une étude de la société Catalyst, une titulaire d’un MBA (master of business administration) sur trois ne travaille pas à temps plein. Sylvia Ann Hewlett, professeur à l’université de Columbia (New York), observe un véritable brain drain parmi les femmes actives appartenant aux 10 % les mieux payées (plus de 55 000 dollars US par an). Catherine Hakim, sociologue à la London School of Economics, estime que cette tendance est également à l’oeuvre en Europe, particulièrement parmi les jeunes générations.

De nombreux livres sont sortis aux États-Unis pour faire l’éloge de ce choix, qui n’a rien de contraint car ces femmes ont généralement les moyens de payer des services de garde, même quand il n’existe pas de structures publiques d’accueil des jeunes enfants. Qu’il s’agisse d’avocates, d’architectes, d’informaticiennes, ces « New Moms » expliquent qu’il est plus épanouissant de se consacrer à l’éducation de ses enfants et qu’elles ne regrettent absolument pas le stress du travail - 50 heures par semaine, telle est la norme pour les femmes cadres (jusqu’à 60 à 70 heures pour les femmes dirigeant une grande compagnie aux États-Unis).

Il est significatif de voir que certaines d’entre elles évoquent, en repoussoir, leur propre enfance avec une mère active débordée, et/ou des parents divorcés. Ce phénomène sera certainement plus important de l’autre côté de l’Atlantique, où rien n’est fait pour permettre aux parents de concilier travail et vie familiale. Dans les pays européens, où le temps partiel est plus répandu, le dilemme est moins cruel, et peut-être évitera-t-on que les plus qualifiées désertent le marché du travail, à un moment où, selon toute vraisemblance, on aura particulièrement besoin d’elles…

 

Sources : « The Case for Staying Home ». Time Magazine, 10 mai 2004 ; HEWLETT Sylvia Ann. Baby Hunger: The New Battle for Motherhood.Londres : Atlantic Books, 2002, 208 p. ; HAKIM Catherine. Models of the Family in Modern Societies: Ideals and Realities. Aldershot : Ashgate, 2003, 208 p. Cette note, signée Céline Laisney, est déjà parue dans Futuribles.

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