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Féminisme

Depuis la nuit des temps, quelles que soient les civilisations, la différence entre les sexes est une donnée structurante des sociétés. Le masculin y est toujours considéré comme supérieur au féminin. C’est ce qu’observe Françoise HERITIER[1].

 

La proclamation moderne de l’égalité entre les hommes et les femmes constitue donc une véritable révolution. Elle n’est d’ailleurs pas encore universelle, nos pays occidentaux faisant figure de pionniers.

Pour sortir de la sujétion dans laquelle elles étaient tenues, nos sœurs aînées se sont lancées avec courage à l’assaut du monde masculin. 

Ce combat supposait qu’elles aient la maîtrise de leur fécondité[2] et qu’elles puissent s’assumer financièrement. Ce qui imposait qu’elles aient accès aux mêmes études que les hommes et qu’elles s’engagent dans un métier.

Les premiers résultats sont là : nous autres, sœurs cadettes, avons fait autant d’études que les hommes, avons conquis notre indépendance, choisi des compagnons à notre goût, évité les grossesses non désirées, accédé au monde professionnel. Mais à quel prix ?

Au prix, pour celles d’entre nous qui exercent un métier, de vies épuisantes, du renoncement à davantage d’enfants, quant ce n’est pas, parfois, au bonheur de vivre à deux (combien d’hommes sont effrayés par les « nouvelles femmes » et hésitent à s’engager ?). Au prix, pour beaucoup d’entre nous qui sont au foyer, de la précarité économique, du mépris de la société et de vives frustrations.

          Le récent et remarquable livre de Sylviane AGACINSKY - à la ville Madame JOSPIN - « Politique des sexes »[3] a ensoleillé mon esprit : la nouvelle vague des féministes est arrivée ! Elle y dénonce la logique de Simone de BEAUVOIR et de tant de pionnières qui ont cru nécessaire de dévaloriser la dimension maternelle de la femme ou de la considérer comme un handicap à surmonter. Et qui se sont acharnée à ne vouloir assurer notre libération qu’en prenant comme modèle la réussite masculine.

La désinvolture avec laquelle, dans le silence de ces archéo- féministes, les pouvoirs publics traitent des tâches ménagères (hélas encore largement dévolues aux femmes) en est un exemple frappant : celles qui veulent avoir des enfants et exercer un métier n’ont qu’à assumer la double journée ! Personne ne se préoccupent de les soulager.

« La honte du féminin a hanté le féminisme », écrit Sylviane AGACINSKY. « Certes, les traditionnels et flatteurs éloges du rôle des mères, déployés pour mieux les écarter des affaires publiques, avaient de quoi alimenter un rejet et donner envie de tordre le coup à une sentimentalité très intéressée ». Mais, ajoute-t-elle, «la mise au monde et l’éducation des enfants reste l’une des tâches les plus nobles et les plus nécessaires pour l’humanité ».

Et de se lancer dans une véritable apologie de la maternité, considérée comme un modèle universel d’ouverture à autrui, et dans une vigoureuse défense des mères au foyer : « ce qui est inadmissible », écrit-elle, « dans le rôle et le travail de mères au foyer, ce n’est nullement la nature de leurs tâches, mais qu’elles soient exigées gratuitement, et exclues du travail considéré comme productif ». Voilà qui ne peut que toucher le cœur de ceux qui sont engagés depuis des années à réclamer un statut  parental !

            Cette hirondelle nous annonce le printemps. A nous, mes soeurs, de réinventer et faire respecter notre nouvelle féminité. Nous la définirons nous même (c’est plus prudent !) et veillerons à ce que notre dimension de mère y trouve sa place au même titre que celle de professionnelle ou de citoyenne.

Je vous propose un premier exercice pratique : ne parlons plus jamais d’une mère au foyer en disant qu’elle « ne travaille pas ».

  Dominique MARCILHACY

[1] « Masculin/féminin. La pensée de la différence » Odile Jacob, Paris, 1996

[2] Ce qui, à mes yeux, passe par la diffusion de la contraception et non par celle de l’avortement qui est toujours un dramatique échec. La banalisation actuelle de cette horrible mutilation ne serait-elle pas typique d’une société dont les valeurs sont restées masculines ?

[3] Le Seuil, 1998, 204 pages, 98 F. S. AGACINSKY- JOSPIN est philosophe et enseigne à l’Ecole des hautes études en sciences sociales. Son livre est simple et accessible. Pour le commander en ligne : www.chapitre.com

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